Feuillet liturgique : 4/17 octobre
FEUILLETS LITURGIQUES
DE LA CATHÉDRALE DE L'EXALTATION
DE LA SAINTE CROIX


4/17 octobre
21è DIMANCHE DE LA PENTECOTE

 St Hiérothée, évêque d'Athènes (I) ; transfert des reliques de St Gourias, évêque de Kazan, et de St Barsanuphe, évêque de Tver (1595) St Wladimir, prince de Novgorod, thaumaturge (1052) et sa mère, la princesse Anne ; Sts Onésime et Hellade, reclus des Grottes de Kiev (XIIè -XIIIè s.) ; Sts martyrs Gaïus, Fauste, Eusèbe et Cherimon (IIIè s.); St Pierre, hiéromartyr en Syrie (715) ; Ste Domnine et ses filles, Stes Proscode et Bérénice (ou Véronique), martyres à Edesse (305) ; St Paul le Simple (IVè s.) ; St Amon d'Egypte (vers 350) ; St Adaucte, martyr à Mélitène et sa fille Ste Callisthène (IV) ; St Etienne Chtilianovitch, prince de Serbie et son épouse Ste Elisabeth
Lectures : Gal. 2,16-20 ; Lc. 6, 31-36


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SAINT HIÉROTHÉE, ÉVÊQUE D'ATHÈNES

Saint Hiérothée était, avec St Denys, l'un des neuf membres de l'Aréopage.
Ils étaient du nombre des quelques auditeurs de saint Paul qui se convertirent, lorsque ce dernier prêcha à Athènes. Quand l'Apôtre repartit, Hiérothée devint le premier évêque d'Athènes, et il se chargea d'initier Denys aux mystères que Dieu avait accordés à son intelligence céleste de contempler. Emporté sur les nuées, avec les apôtres et les saints hiérarques, pour assister aux funérailles de la Mère de Dieu, il entonna alors les hymnes divines avec une telle ferveur, tout entier hors de lui-même et plongé dans la contemplation, qu'il apparut à tous comme divinement inspiré. St Hiérothée ne livra point par écrit le fruit de ses contemplations, ou du moins celles-ci ne nous ont été transmises que sous forme de fragments parmi les oeuvres de son disciple. Après avoir réjoui le Seigneur par sa vie et ses enseignements, il s'endormit dans la paix, laissant Denys lui succéder.

MEMOIRE DE LA TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT GOURIA,
ÉVÊQUE DE KAZAN ET DE SAINT BARSANUPHE, ÉVÊQUE DE TVER
St Gouria naquit à Radonège, durant le règne du grand-prince Ivan III Vasilievitch (1462-1505). Il entra dès sa jeunesse au service du prince Ivan Penkov, mais menait en secret une vie ascétique. Jaloux de la préférence que le prince lui témoignait, les autres domestiques l'accusèrent calomnieusement d'avoir commis l'adultère avec l'épouse de celui-ci. Gouria put échapper à la mort grâce à l'intervention du fils du prince, mais il fut néanmoins jeté dans un
souterrain, où il recevait pour seule pitance de l'avoine et de l'eau, tous les trois jours. Gardant en mémoire l'exemple des anciens martyrs, il rendait grâce à Dieu de l'avoir, par cette épreuve, retiré du monde et soustrait à ses soucis.
Au fils du prince qui lui avait proposé de lui amener secrètement de la nourriture, il répondit que la grâce de Dieu, grande et abondante, suffisait à le nourrir. Il lui demanda toutefois de lui apporter de l'encre et du papier, sur lequel il recopiait l'alphabet, afin que les enfants puissent apprendre à lire. Son ami vendait ces travaux et distribuait aux pauvres l'argent recueilli. Après deux années de captivité, Gouria vit un jour une lumière briller devant la porte de son cachot, et il se mit à prier. La lumière augmenta et, finalement, la porte s'ouvrit d'elle-même. Le saint put sortir sans que personne ne le remarquât, en emportant une icône de la Mère de Dieu, qui avait été son réconfort pendant sa réclusion. Il gagna le monastère de St Joseph de Volokolamsk, où il fut tonsuré moine. Il en devint ensuite higoumène (1542), pendant neuf ans, puis abandonna sa charge pour vivre en simple moine. Mais, au bout de deux années seulement, il fut nommé higoumène du monastère de la Sainte-Trinité de Selijarovo, dans le diocèse de Tver. En 1552, le tsar Ivan IV le Terrible (1533-1584) - qui avait repris Kazan aux Tatares - cherchait quelqu'un pour répandre la foi chrétienne dans cette contrée. St Germain, qui était encore moine à Volokolamsk, lui recommanda l'archimandrite Gouria, qui fut donc
consacré premier évêque de Kazan (1555). On lui donna pour l'assister dans son oeuvre missionnaire les archimandrites Germain et Barsanuphe. Faisant preuve d'un zèle inlassable pour convertir à l'orthodoxie les habitants de cette contrée, qui étaient musulmans ou animistes, le saint fonda à Kazan plusieurs monastères, dont les moines étaient chargés de prêcher la parole de Dieu et d'enseigner la foi aux enfants. Lui-même passait sa journée à prêcher et à veiller sur de nombreuses oeuvres de charité, tandis que toutes ses nuits s'écoulaient en prière. Bientôt épuisé par ses labeurs ascétiques et cloué au lit par la maladie, il disait : « Tout le temps de la vie présente est le temps des labeurs. La récompense sera accordée dans la vie future. Les joies célestes ne seront accordées qu'à celui qui aura lutté spirituellement dans cette vie. Dans
la vie spirituelle, il nous faut aller de l'avant, malgré toutes les adversités et les malheurs». Après avoir reçu le Grand Habit angélique des mains de St Barsanuphe, St Gouria s'endormit en paix le 5 décembre 1563.

St Barsanuphe était fils d'un prêtre de Serpoukhov. Dans sa jeunesse, il fut fait prisonnier par les Tatares de Crimée, et il passa trois années en captivité, apprenant à cette occasion leur langue et se dédiant à la prière continuelle. Après sa libération (1515), il entra au monastère du Saint-Sauveur de St Andronique à Moscou. Remarqué par le métropolite Macaire, il fut bientôt nommé higoumène du monastère Saint-Nicolas de Pesna (1544). Transféré à Kazan, pour aider St Gouria, il fonda, en compagnie de quelques moines éprouvés, le monastère de la Transfiguration, où il rayonna par sa vie vertueuse. Grâce à sa connaissance de la langue tatare et de la science médicale, il put venir en aide aux foules qui venaient à lui pour obtenir la guérison de leurs maux ; il en profitait pour délivrer aussi leurs âmes de l'ignorance par la grâce du Saint-Esprit, et reçut certains d'entre eux dans son monastère. Consacré métropolite de Tver en 1567, il n'en continua pas moins sa vie ascétique. Dans sa vieillesse, il revint au monastère de Kazan et y reçut le Grand Habit avant de s'endormir dans le Seigneur, le 11 avril 1576. Le 4 octobre 1595, saint Hermogène, alors métropolite de Kazan, fit procéder à la translation des reliques des deux saints hiérarques et, depuis, leur mémoire principale est célébrée à cette date.

Tropaire du dimanche, 4è ton

Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ
А́нгела yвѣ́дѣвша Го́сподни yчени́цы
и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша,
Áпостоломъ xва́лящася глаго́лаху :
испрове́pжеся cме́рть, воскре́сe
Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю
ми́лость.

Les saintes femmes, disciples du
Seigneur, ayant appris de l'ange la
radieuse nouvelle de la résurrection,
rejetèrent la condamnation des
premiers parents, et, pleines de fierté,
dirent aux Apôtres : « La mort a été
dépouillée, le Christ est ressuscité,
donnant au monde la grande
miséricorde ! »


Tropaire du saint hiéromartyr Hiérothée, ton 4

Бла́гости научи́вся и трезвя́ся во
всѣ́хъ, благо́ю со́вѣстiю священ-
нолѣ́пно обо́лкся, почéрплъ еси́ отъ
сосу́да избра́ннаго неизречéнная и,
вѣ́ру соблю́дъ, ра́вное течéнiе
соверши́лъ еси́, священному́чениче
Iероѳéе,моли́ Христа́ Бо́га спасти́ся
душа́мъ на́шимъ.

Toi qui reçus l'enseignement de la
bonté, et qui fus sobre en tout et
revêtu hiératiquement d'une noble
conscience, du Vase d'élection tu as
puisé les ineffables vérités; tu as
gardé la foi et as mené ta course à
bonne fin; hiéromartyr Hiérothée, prie
le Christ notre Dieu de sauver nos
âmes.


Kondakion du saint hiéromartyr Hiérothée, ton 8

Священнонача́льника Aѳи́нскаго
восхваля́емъ тя́, я́ко тайноучи́вшеся
тобо́ю стра́ннымъ и неизре-
чéннымъ: яви́лся бо eси́
бoгопрiя́тный пѣсносло́вецъ ; но
моли́, всеблaжéнне Iероѳéе: oтъ
вся́кихъ на́мъ грѣхопадéнiй
изба́витися, да зовéмъ: ра́дуйся
Óтче бoгому́дре.

Comme hiérarque d'Athènes nous te
louons, nous qui avons connu
d'étranges et d'ineffables mystères
grâce à toi, hymnographe divinement
inspiré, bienheureux Hiérothée;
intercède pour que nous soyons
sauvés de tout malheur, afin que nous
puissions te dire à haute voix: Réjouistoi,
ô Père sage-en-Dieu.


Autre kondakion du saint hiéromartyr Hiérothée, ton 4

Я́коже сто́лпъ непоколеби́мъ,
Iероѳéе, прещéнiя враго́въ не
устраши́ся, но прéлести разруши́лъ
еси́ тверды́ню, я́ко ка́мень чéстенъ
валя́яся, о́тче. Тѣ́мъ Влады́ка тя́,
хра́брствовавша, вѣнча́етъ живона-
ча́льною и Божéственною десни́-
цею, Его́же о всѣ́хъ на́съ умоли́.

Telle une colonne inébranlable,
Hiérothée, tu ne fus point effrayé par
les menaces des ennemis, mais tu as
détruit la forteresse de l'illusion,
comme une pierre vénérable la
frappant, ô Père. Aussi le Maître, te
donnant courage, t'a couronné par Sa
Droite vivifiante et divine ; prie-Le
pour nous tous.


Kondakion du dimanche, 4è ton

Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба
я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ
земноро́дныя, и врата́ а́дова
сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce
тридне́венъ.

Mon Sauveur et mon Rédempteur, au
sortir du tombeau, a libéré les
humains de leurs chaînes et a fracassé
les portes de l'enfer ; en Maître, Il est
ressuscité le troisième jour.
Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne

COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME

Pour notre archevêque..., pour l'ordre vénérable des prêtres, pour le diaconat en Christ, pour tout le clergé et le peuple, prions le Seigneur.

Lors des temps anciens byzantins, la Divine Liturgie commençait par la « petite entrée » actuelle : le premier acte liturgique était l'entrée de  l'évêque dans l'église. Ensuite, celui-ci revêtait les ornements liturgiques au centre de l'église, comme cela se produit souvent de nos jours, notamment dans l'Église russe. La vêture de l'évêque figure l'événement de l'incarnation du Verbe. De même « que le Verbe de Dieu, étant sans chair, revêtit la sainte chair de la sainte Vierge », ainsi l'évêque revêt ses saints ornements, qui « signifient l'incarnation du Christ et (les traits distinctifs) de l'incarnation » (St Hippolyte de Rome et St Siméon de Thessalonique). L'évêque est le messager du Seigneur « qu'envoie le Maître de maison - le Christ - pour administrer Sa maison » (St Ignace d'Antioche). Il entre dans la maison de Dieu pour accomplir l'oeuvre du Christ : ramener la brebis égarée dans le troupeau un de l'Église. L'omophore, l'ornement spécifique de l'évêque, symbolise « le salut et le rappel (...) de la brebis égarée » (cf. Matthieu 18,12). C'est pourquoi il dit en le revêtant : « Prenant sur Tes épaules, ô Christ, la nature égarée, Tu es monté au ciel et Tu l'as offerte au Dieu et Père ».

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. 21,15-25
Liturgie : Gal. 6, 11-18 ; Hébr. 13, 7-16 / Lc. 7, 11-16 ; Jn. 17, 1-13