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FEUILLETS LITURGIQUESDE LA
CATHÉDRALE DE L’EXALTATIONDE LA
SAINTE CROIX
27 septembre / 10 octobre 20è dimanche de la PentecôteSaint Callistrate et ses 49 compagnons, martyrs en Italie (304) ; Saint Sabbace de Solovski (1435) ; Saint hiéromartyr Pierre de Kroutisa (1937) ; Saints Marc, Aristarque et Zénas, apôtres (I) ; Sainte Epichaire, martyre à Rome (283-305) ; Saint Ignace, moine en Thrace (963-975) ; Sainte Aquiline, néo-martyre grecque près de Thessalonique (1764) ; Saint Anthime, métropolite d'Hongro-Valachie, martyr (1716).
Lectures : Gal. I, 11-19; Lc. V, 1-11
VIE DU SAINT HIÉROMARTYR PIERRE DE KROUTITSA
Le saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Kroutitsa (dans le monde Pierre Féodorovitch Polianksky) naquit en 1862 dans la pieuse famille d’un prêtre d’un village du diocèse de Voronej. En 1885, il termina ses études au séminaire de cette ville et, en 1885, il acheva ses études universitaires à l’Académie Ecclésiastique de Moscou, où il resta inspecteur assistant. Après avoir occupé nombre de postes à responsabilité au séminaire de Jirovitsy, Pierre Féodorovitch fut transferré à Pétersbourg, où il fut nommé membre du comité pour l’instruction au sein du Saint-Synode. Dans le cadre de cette fonction, il parcourut presque toute la Russie, inspectant les écoles théologiques. Malgré cette occupation à plein temps, il trouva encore la possibilité de soutenir une thèse de doctorat en 1897 au sujet de la première épître du saint apôtre Paul à Timothée. En 1917-1918, il prit part au Concile Pan-russe. Alors que les persécutions contre l’Église commençaient, le saint patriarche Tykhon lui proposa, en 1920, de prononcer ses vœux monastiques, puis de recevoir l’ordination sacerdotale et de l’assister dans l’administration ecclésiale. Le futur métropolite Pierre dit alors à son frère : « Je ne puis refuser. Si je le faisais, je serais un traître envers l’Église, mais si j’accepte, je sais que je signe mon propre arrêt de mort ». Devenu évêque de Podolsk en 1920, il fut déporté à Veliky Oustioug immédiatement après son sacre épiscopal, mais après la libération du saint patriarche Tykhon, il revint à Moscou et lui servit d’auxiliaire. Peu après, il fut élevé à la dignité d’archevêque (1923), puis devint métropolite de Kroutitsa (1924) et fut nommé membre du Synode patriarcal provisoire. Durant les derniers mois de la vie terrestre du saint patriarche, il fut son assistant fidèle. En 1925, celui-ci le nomma troisième locum-tenens après les métropolites Cyrille de Kazan et Agathange de Yaroslavl. Après le trépas du Patriarche, la fonction de locum tenens lui fut confiée, les métropolites Cyrille et Agathange ayant été exilés. Il fut confirmé dans cette fonction par le Concile des Évêques en 1925. Dans ses actes, il suivait la voie du Patriarche Tykhon, à savoir la fermeté dans la confession de la foi orthodoxe et le refus de tout compromis dans la question du schisme de « l’Église vivante ». Ayant prévu son arrestation prochaine, il rédigea un testament au sujet de sa succession et transmit une somme d’argent au recteur du monastère de St Daniel, destinée aux clercs exilés par le régime. Les agents du GPU lui proposèrent, moyennant des concessions, d’offrir quelques avantages pour l’Église. Il leur répondit : « Vous mentez, vous ne donnez rien, vous ne faîtes que promettre… » En novembre 1925, le métropolite Pierre fut arrêté, et ce fut le commencement pour lui de sinistres interrogatoires. Après avoir été incarcéré dans une cellule isolée à Souzdal, il fut transféré à la prison de Lioubianka à Moscou, où on lui proposa de renoncer à son ministère de locum tenens, moyennant quoi il serait libéré, mais il répondit qu’il ne pouvait en être question. En 1926, il fut envoyé en exil pour trois ans dans la région de Tobolsk, puis dans le Grand Nord, dans la toundra, dans la localité de Khé. L’exil fut prolongé de deux ans. Le saint put trouver une petite maison de deux chambres. Au début, se reposant de son séjour à la prison de Tobolsk, le saint se rétablit grâce à l’air frais, mais il commença à souffrir de problèmes respiratoires et, privé de tout soin médical, il ne quitta plus son lit. Il savait que des colis lui étaient adressés, mais il ne les recevait pas, Khé étant desservi par un navire une seule fois par an. Cet exil ne suffisant pas encore aux yeux des autorités, le métropolite fut arrêté en 1930 et incarcéré pour une durée de cinq ans à la prison d’Ekaterinbourg, dans une cellule isolée. Il fut ensuite transféré dans une autre prison dans l’Oural. On lui proposa alors de renoncer à son ministère de locum tenens en échange de la liberté, mais le saint hiérarque refusa à nouveau catégoriquement. Ni la prolongation de l’exil, ni le transfert vers des lieux de plus en plus éloignés du centre, ni les conditions de détention plus rudes ne purent briser la volonté du hiérarque, bien que tout cela porta grave atteinte à sa santé pourtant solide. Le régime lui proposa encore de devenir son informateur au sein de l’Église. Le saint hiérarque répondit sur un ton tranchant : « Ce genre de profession est incompatible avec mon état ecclésiastique et plus encore avec ma nature ». Et bien que le Primat fût privé de la possibilité d’administrer l’Église, il resta présent dans la conscience des nombreux martyrs et confesseurs, qui mentionnaient son nom dans l’office, comme un exemple de fermeté et de fidélité en ces années d’apostasie et de concession au pouvoir ennemi de Dieu. Le hiérarque souffrait de l’absence de contacts avec le monde extérieur, ne recevant aucune nouvelle des affaires ecclésiastiques, ni aucune lettre. Il eut toutefois connaissance de la déclaration de « loyauté » envers le régime soviétique signée par son remplaçant, le métropolite Serge (Stragorodsky). Cet acte l’ébranla. Il pensait en effet que le métropolite Serge se limiterait à « expédier les affaires courantes », comme il l’avait indiqué dans une lettre à celui-ci en 1929, lui reprochant en termes modérés d’excéder les compétences qui lui avaient été confiées. Dans la même lettre, le hiérarque demandait au métropolite Serge de « corriger sa faute, à savoir d’avoir placé l’Église dans une situation humiliante, provoquant en elle des conflits et des divisions… » En 1930, il écrivit sa dernière lettre au métropolite Serge, où il exprima son amertume : alors qu’il dépendait de lui, celui-ci ne lui avait pas fait part de ses intentions quant à la légalisation de l’Église au moyen de compromis inacceptables. Aussi lui écrivit-il : « Si vous n’avez pas la force de défendre l’Église, mettez-vous à l’écart, et cédez la place à une personnalité plus forte ». En 1931, le hiérarque fut atteint d’une paralysie partielle, après que le commissaire bolchevique Toutchkov lui eût proposé de devenir l’agent de renseignement du GPU. Malade du scorbut, asthmatique, le vieillard fut privé en 1933 de sortie en plein air. Il fut ensuite transféré dans une prison « spéciale », où il fut incarcéré dans une cellule sous un régime de ferme isolation. Alors que le hiérarque s’attendait à être libéré le 23 juillet 1936, sa détention fut prolongée de trois ans. En 1937, le hiérarque fut condamné à mort « pour s’être avéré un ennemi intransigeant de l’État soviétique (…) accusant ses fonctionnaires de persécuter l’Église ». Le 10 octobre 1937, le hiéromartyr Pierre de Kroutitsa fut fusillé dans la prison de Magnitogorsk, couronnant par le sang de martyr sa confession du Christ.
Tropaire du dimanche, 3è ton
| Да веселя́тся небéсная, да ра́дуются земна́я ; я́ко сотвори́ дeржа́ву мы́шцею Cвоéю Го́сподь, попра́ cмéртiю cмéрть, пéрвенецъ мéрт-выxъ бы́сть, изъ чрéва а́дова изба́ви на́съ и подадé мípoви вéлiю ми́лость. |
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde. |
Tropaire du saint hiéromartyr Pierre, ton 2
| Бо́жiимъ смотрéнiемъ къ святи́тельскому служéнiю святы́мъ патрiа́рхомъ Tи́хоном призва́нный, ста́ду Христо́ву яви́лся еси́ стра́жъ неусы́пный и защи́тникъ небоя́з-ненный, священному́чениче Пéтре, жесто́кая заточéнiя и да́льная изгна́нiя, страда́нiе и смéрть отъ богобо́рцевъ претерпѣ́лъ еси́, вѣнéцъ му́ченическiй прiя́въ, на небеси́ ны́нѣ ра́дуешися. Моли́ ми́лостиваго Бо́га, да сохрани́тъ Цéрковь на́шу отъ нестроéнiй, единомы́слiе и ми́ръ лю́демъ Свои́мъ да́руетъ и спа́сетъ ду́ши на́ша. |
L’économie Divine t’ayant appelé au ministère épiscopal par le saint patriarche Tykhon, tu t’avéras le gardien vigilant du troupeau du Christ et son défenseur intrépide, ô hiéromartyr Pierre ; tu connus la prison et les exils lointains, ainsi que des souffrances et la mort que t’infligèrent les ennemis de Dieu ; ayant reçu la couronne du martyr, tu te réjouis maintenant dans les cieux. Prie le Dieu miséricordieux de préserver notre Église de tout trouble, et d’accorder la concorde et la paix à Son peuple et de sauver nos âmes. |
Kondakion du saint hiéromartyr Pierre, ton 4
| Ду́хъ ми́ренъ и кро́токъ стяжа́въ, твéрдое упова́нiе на милосéрдiе Бо́жiе имѣ́я, блюсти́тель вѣ́рный Цéркве Россíйскiя и исповѣ́дникъ Христо́въ яви́лся еси́, священно-му́чениче Пéтре, при́сный о на́съ прéдъ Бо́гомъ предста́телю и моли́твенниче о душа́хъ на́шихъ. |
Ayant acquis un esprit paisible et doux, avec une ferme espérance dans la miséricorde de Dieu, tu t’avéras un gardien fidèle de l’Église de Russie et un confesseur du Christ, saint hiéromartyr Pierre, toi qui intercèdes toujours devant Dieu et qui prie pour nos âmes. |
Kondakion du dimanche, 3è ton
| Воскрéслъ ecи́ днéсь изъ гро́ба, Щéдре, и на́съ возвéлъ ecи́ отъ вра́тъ cмéртныxъ ; днéсь Ада́мъ лику́етъ и ра́дуется Éва, вку́пѣ же и проро́цы cъ патрiа́pxи воспѣва́ютъ непреста́нно Боже́ственную дер-жа́ву вла́сти Tвоея́. |
Aujourd’hui, ô Miséricordieux, Tu es ressuscité du tombeau et Tu nous ramènes des portes de la mort. Aujourd’hui, Adam exulte, Ève se réjouit. Tous ensemble, prophètes et patriarches, ne cessent de chanter la force divine de Ta puissance ! |
LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. 21,1-14Liturgie. Gal. 2,16-20 ; Lc. 6, 31-36
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