Préface de S.E. l'évêque Michel à l'article de Nicolas Ross "Après le 17 mai"
Nous publions sur notre site Internet, à la demande de l’auteur, l’opinion de l’historien bien connu Nicolas Ross. Elevé en France, il appartient au cercle des Russes qui ont gardé dans leur vie et montré par leurs actes, l’amour de la Russie. Se considérant russe, Nicolas Ross a tout naturellement été éduqué dans l’Orthodoxie,
étant attaché de tout son être à l’Eglise.

Vivant à Paris, à l’instar de nombreux Russes qui y sont nés et y ont passé leur vie, fréquentant les églises russes, dont la plupart se trouvèrent après 1930 sous l’omophore du Patriarche de Constantinople, il ne s’est pas accommodé d’un cœur léger des divisions ecclésiales.

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, nombreux étaient ceux qui pensaient se trouver à l’étranger pour peu de temps. On ne prit conscience de la nécessité d’affermir la position de l’émigration russe qu’après la guerre. Ainsi, à côté des paroisses constituant le diocèse d’Europe Occidentale de l’Eglise Orthodoxe Russe à l’Etranger, créé en 1921, il existe jusqu’à ce jour des paroisses de l’Exarchat de Constantinople, et depuis 1931, des paroisses du Patriarcat de Moscou.

Dès le 17 mai 2007, alors que l’Eglise Orthodoxe Russe à l'Etranger et le Patriarcat de Moscou, au terme du processus de réconciliation, ont proclamé l’Acte d’unité de l’Eglise Russe et sont entrés en communion eucharistique, a surgi la question inévitable du destin de toutes les autres paroisses qui sont apparues en leur temps à l’étranger tout en ne faisant pas formellement partie intégrante de l’Eglise Russe.

A cette occasion, il nous semble intéressant de faire part à nos lecteurs de l’opinion d’un historien russe qui a vécu depuis l’enfance une telle situation et qui, précisément comme historien et comme orthodoxe russe, procède à une réflexion sur les voies ecclésiales de l’avenir, du point de vue d’un laïc.

C’est pour cette raison que nous avons considéré possible et utile d’exposer cette approche du problème ecclésial, étant donné que l’auteur exprime avant tout un point de vue moral, tout en respectant la Tradition de l’Eglise et en s’efforçant de placer au premier plan les particularités de la situation des orthodoxes russes en Europe Occidentale. C’est là l’expression des sentiments de l’auteur, qui avec sincérité s’efforce d’aborder la question du futur des orthodoxes russes qui se trouvent en Occident. Ce qui le préoccupe avant tout est de savoir comment résoudre la situation d’un paroissien russe de l’Exarchat de Constantinople.

La proximité de l’auteur à l’égard de l’EORE est évidente (bien qu’il n’exprime pas la position canonique de celle-ci, soutenant les positions de l’Exarchat). Est évident également sont attachement à la vie ecclésiale russe " parisienne ", qui durant trois générations, presque 90 ans, a entériné une certaine tradition – et ce sans parler des complications canoniques, qui, manifestement, restent encore irrésolues à Paris, comme le montre l’article. Comme on le sait, au cours de toute cette période, on a particulièrement choyé, dans certains cercles, l’idée de la création d’une certaine Eglise Locale, qui serait devenue le résultat de la séparation d’avec l’Eglise Russe.

En publiant l’article de Nicolas Ross, nous sommes guidés avant tout par le sentiment de l’unité de l’Eglise Russe comme un organisme dans lequel vivent les Russes selon la structure canonique de l’Eglise, fixée par les Conciles Oecuméniques et Locaux et constituant une partie inséparable de la Tradition de l’Eglise.

L’article publié, de notre point de vue, fait revenir en vie ces concepts. La voix d’un seul homme dans l’Église est capable, en ce qui concerne des questions semblables, de réveiller la conscience de chacun.

† Michel, évêque de Genève et d’Europe Occidentale de l’Eglise Orthodoxe Russe à l’Etranger