Le Nouvel An Liturgique

Le 1/14 septembre commence
une Nouvelle Année Liturgique.

La précédente année vient de se terminer avec essentiellement la fête de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, suivie de la Décollation du Chef de Saint Jean Baptiste, le Prophète, le Précurseur, celui qui a baptisé le Christ. Et exactement une semaine après le début de cette Année Liturgique nous fêtons la première des douze grandes fêtes de l’année, celle de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu. Ensuite le cycle annuel de l’Année Liturgique que l’on dit aussi «Année ecclésiastique », qui débute par la Naissance de la Vierge et se conclut par Sa Dormition, constitue ce cycle qui pour chacun de nous renouvelle chaque année notre vie en Christ. Nous vivons en marquant le temps et selon ce rythme renouvelé d’année en année nous attendons chacune de ces fêtes jusqu’à la suivante. Ainsi nous accueillons à la fin de la révolution d’une année un nouveau cycle qui débutera cette Novelle Année Liturgique.

Nous proposons à votre attention un exposé court et didactique sur cette Nouvelle Année, rédigé par S.E. l’évêque Ambroise.

† Michel, évêque de Genève et d’Europe occidentale




                                                   « L’Esprit du Seigneur est sur Moi,
                                                     parce qu’Il M’a consacré par l’onction.
                                                     Il M’a envoyé porter la Bonne Nouvelle (…),
                                                     proclamer l’an de grâce du Seigneur (…)
                                                     Aujourd’hui s’accomplit devant vous
                                                     ce passage de l’Écriture » (Lc 4,18-22)


Dans ce passage de l’Évangile selon Luc, le Seigneur cite la prophétie d’Isaïe (61, 1-2) et affirme devant les siens qu’Il est le Christ – l’Oint de Dieu. On peut donc dire que ce passage marque le début d’une ère nouvelle, après l’ère de la Loi, celle de la révélation de la Grâce. Voilà pourquoi, très tôt dans son histoire, l’Église se préoccupa de marquer avec solennité le début de l’an de grâce du Seigneur. C’est lors du Premier Concile Œcuménique, à Nicée (325), que fut fixée au 1er septembre le début de l’année liturgique. Or, cette date ne doit rien au hasard. Tout au contraire, elle est le fruit d’une profonde méditation de l’Église sur l’histoire de son temps. L’Église est intemporelle, mais elle s’inscrit dans chaque temps de l’histoire humaine. Si l’on y songe, c’est selon l’ère chrétienne que la plus grande part de l’humanité tient le compte des années et, dans notre vie quotidienne, l’Église est la seule institution qui nous mette en prise directe sur le IVe siècle. Vingt ans à peine avant le Concile de Nicée, le peuple chrétien subissant encore la plus terrible persécution, le chrétien était qualifié « d’athée » parce qu’il refusait de rendre un culte à la divinité de l’empereur, on le réprimait car il se mettait ainsi hors-la-loi.

En deux décennies, la situation va évoluer très rapidement :

- 312 : bataille du pont Milvius, où l’empereur Constantin, bien avant son baptême, remporte la victoire  après avoir invoqué le Dieu chrétien ; il ordonne d’inscrire sur ses emblèmes la Croix qui lui était apparue dans le ciel (Labarum).
- 313 : édit de tolérance de Milan, par lequel il n’est plus illégal de croire en Dieu et de Lui rendre un culte.
- 318 : Constantin entreprend de faire construire une ville nouvelle : Constantinople. Dans son idée, cette entreprise ne devait être entachée d’aucune trace de paganisme.
- 321 : Constantin édicte que le jour de repos hebdomadaire sera le jour du Seigneur (dimanche = dies dominica).
- 324 : sur la recommandation de s. Osius de Cordoue, Constantin convoque une assemblée de tout l’épiscopat à Nicée ; l’empereur dispose que tout évêque se rendant au Concile aura toute priorité, même sur les courriers impériaux, aux étapes et relais de poste.
- 325 : réunion à Nicée du Premier Concile Œcuménique, première réunion universelle de l’ensemble de l’Église. Parmi ses nombreuses décisions, il y a celle de marquer l’entrée dans une nouvelle période de l’histoire de l’Église en fixant l’an nouveau au 1er septembre, jour anniversaire de la bataille du point Milvius.
- 327 : l’administration impériale fixe au 1er septembre le début de la période administrative de l’indiction.
- 330 : consécration et inauguration de Constantinople, proclamée capitale d’empire (pour sa partie orientale)

Ainsi, en un quart de siècle, l’Église passe d’une situation de persécution à celle de voir s’ériger une capitale chrétienne.

Telle est l’importance de rendre grâces à Dieu, dont les voies sont insondables, pour la miséricorde qu’Il nous montre et de confesser fermement la confiance et l’espoir que nous devons Lui témoigner. Il y a une centaine d’années en Russie, il était d’usage de distribuer à ses proches de petits billets avec la mention de l’année selon l’ère universelle byzantine et selon l’ère chrétienne. Ainsi, en imitant ces billets anciens nous pouvons également dire:

« Seigneur, bénis par Ta grâce la couronne de cette année 7517 / 2009  ».

† Evêque Ambroise (Cantacuzène)