Comme vous le savez sans doute déjà, vendredi dernier, le patriarche Alexis s’en est allé vers Dieu.
«C’était un noble figure de la Russie,» – a dit Monseigneur Michel quand il a appris son décès en route vers Paris. Monseigneur et ses compagnons de route ont trou de suite chanté une panychide dans la voiture.
Sa Sainteté Alexis est devenue Patriarche à une époque très difficile de l’histoire russe. La période des persécutions s’achevait et arrivait progressivement le temps de la normalisation de la vie ecclésiale. Et le patriarche Alexis conduisait le bateau de l’Eglise Russe durant cette période transitoire, guérissant comme le bon Samaritain, les blessures infligées par les athées à la Sainte Eglise, versant l’huile de la grâce et le vin de la Foi. C’était un homme calme et réfléchi. Il était l’arbitre entre les différentes tendances qui émergeaient dans l’Eglise, entre les conservateurs et les modernistes et œcuménistes. Il savait calmer et pacifier les uns et les autres. Mais son œuvre principale, ainsi que celle du métropolite Laur, c’était l’unité de l’Eglise russe. Cet acte d’unité est vraiment un acte historique, même sans précédent dans l’histoire. Il est étonnant que peu de temps après la proclamation de cet acte, le patriarche Alexis et le Métropolite Laur aient été rappelés à Dieu, comme s’ils avaient accompli leur tâche principale dans ce monde.
Le patriarche Alexis a travaillé jusqu’à l’extrême limite des ses forces. Il a tiré de lui-même ses dernières ressources physiques, puisque, quelques heures seulement avant sa mort, il a célébré la Divine Liturgie le jour de la Fête de l’Entrée au Temple de la Très Sainte Mère de Dieu. Et dans l’après-midi de ce même jour, il a célébré un molében devant les reliques du Saint patriarche Tikhon au monastère Donskoï. Ici et là il a prononcé des homélies, terminant ainsi son ministère pastoral. Nous devons remercier Dieu de nous avoir donnés un si bon Patriarche et prier pour le repos de son âme lumineuse. Prions également le Seigneur pour qu’Il nous accorde un digne successeur sur le Trône patriarcal.