L'ermitage à Mourmelon Version imprimable Suggérer par mail


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Comme nous l’avons déjà annoncé, l’Icône de la Mère de Dieu
de Koursk doit visiter l’ermitage de Tous les Saints de Russie à
Mourmelon, en France, dont on célèbre, cette année, le 20ème
anniversaire de la consécration de l’église.

Mourmelon se trouve non loin de Reims, en Champagne, et est connu par son cimetière militaire de combattants du Corps expéditionnaire russe en France, qui lors de la Première guerre mondiale périrent sur les champs champenois pour la Foi, l’Empereur et la Patrie.

Depuis la fin des années 1920, les Russes achetaient les terrains autour du cimetière. Le premier fut acheté par les survivants du Corps expéditionnaire, et en 1937 ils y érigèrent une église-mémorial de la Résurrection en l’honneur des combattants russes. L’église fut bâtie et décorée par le peintre-architecte Albert Benois; les tombes des anciens combattants occupèrent peu à peu tout le territoire autour de l’église.

Le deuxième terrain près du cimetière militaire fut, en 1925, acheté, grâce à l’argent des dons, par le père archimandrite Alexis (Kireevsky, † 1945), moine qui avait vécu au Mont Athos depuis plus de 30 ans. En 1914, déjà âgé, le père Alexis quitta volontairement la Sainte Montagne afin de s’engager comme aumônier sur le front. Il ne put ensuite revenir au Mont Athos et se retrouva en Europe occidentale. Le père Alexis demanda au métropolite Euloge (Gueorguievsky, † 1946) de lui donner l’occasion de créer en France un monastère du type athonite. Après son voyage à Mourmelon, au cimetière russe, il décida d’acheter un terrain, où, avec des planches de pin trouvées sur les marchés parisiens, il bâtit une petite église. L’ermitage, consacré à Tous les Saints de Russie, subit plusieurs incendies, mais fut chaque fois rénové. Dans ces conditions difficiles, la vie monastique d’une petite communauté s’affermit.

Ce fut le père archimandrite Job (Nikitine, † 1986) qui devint successeur du père Alexis. Dès les années 1960 il invita à l’ermitage des jeunes, membres de l’Organisation Nationale des Vitiaz. Sous la direction administrative de Nicolas Fedoroff et la conduite spirituelle de l’archimandrite Job, les camps de printemps des Vitiaz furent organisés à l’ermitage durant plusieurs décennies. Beaucoup d’enfants y reçurent un apprentissage spirituel qui influença ensuite toute leur vie.

L’ermitage appartenait, et appartient toujours, à l’Archevêché des Eglises orthodoxes Russes en Europe occidentale dépendant du Patriarcat de Constantinople, mais l’archimandrite Job fut toujours ouvert aux Orthodoxes de toutes les juridictions. Lorsqu’en 1981 l’Eglise Orthodoxe Russes à l’Etranger canonisa les Nouveaux Martyrs de Russie, le père Job installa une grande icône en l’honneur des Nouveau martyrs dans l’église de l’ermitage.

Lorsque dans les années 1980 le vieil édifice de l’église devint trop vétuste, des plans furent élaborés afin de construire une nouvelle église. Celle-ci, construite en bois par des artisans finlandais et amenée à Mourmelon, fut solennellement consacrée déjà après le décès du père Job, il y a exactement 20 ans, en novembre 1988.

 
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